Quand la légalité (LRU) tue la démocratie : l’exemple de Bordeaux 3
Le tout récent vote du nouveau CA de notre université, ce lundi 7 avril, sur la question du maintien du président en place, démontre avec clarté les dangers de la « présidentialisation » du pouvoir qu’a instaurée la loi LRU.
Le président en place a en effet été maintenu avec le soutien de personnalités extérieures (nommées par ce même président) et d'élus enseignants de la liste (Montaigne 2012) arrivée en seconde position aux élections aux 3 Conseils (avec 42,6% des voix).
La totalité des élus enseignants de la liste (PAR) arrivée en tête aux élections aux 3 Conseils (avec 57,4%) des voix, la totalité des élus BIATOSS, ainsi que la presque totalité des élus étudiants (4 sur 5) ont voté contre le maintien du président, pour des raisons qu’ils ont, les uns et les autres, explicitées.
Grâce à l’appui des personnalités extérieures, dont l’une lui avait donné procuration, et grâce à sa propre voix prépondérante en cas d’égalité de suffrages, le président de l’université s’est donc trouvé maintenu, par 14 voix contre 14 ! Et ce contre l’opposition d’une forte majorité des acteurs et usagers de Bordeaux 3 : 14 sur les 22 élus (soit 64%) issus des 3 composantes de la communauté universitaire.
Ce président, mis en nette minorité au sein de l’université, reste pourtant au pouvoir et commence même à constituer son équipe de gouvernement.
Quelle belle leçon de démocratie !
Mais aussi, quelle triste nouvelle pour l’avenir de notre université.
Car de quelle légitimité le président disposera-t-il au sein de la communauté de ceux qu’il doit administrer, qui l’ont ainsi si clairement désavoué ?
Et comment donc ce président, privé de la seule vraie légitimité que confère l’expression démocratique, gouvernera-t-il, en s’appuyant sur quelles forces vives, quelles énergies, porté par quelle adhésion ? Pourra-t-il gouverner de l’extérieur, avec l’appui de ceux sur lesquels les choix politiques de l’université n’ont aucune incidence ? Pourra-t-il ainsi piloter notre université dans le sens de l’intérêt général ? Avec quelle autorité ?
Abasourdis par ce déni de démocratie fièrement assumé au nom de la loi, nous ne baissons pas les bras. Nous continuerons le combat qui est le nôtre pour répondre à l’espoir que nous avons vu naître depuis plusieurs mois. Jamais, dans l’histoire de notre institution, autant de forces ne s’étaient associées pour rénover notre vie universitaire. Jamais une telle soif de changement dans la gouvernance ne s’était manifestée aussi collégialement. Malgré les multiples manœuvres que nous préparent ceux qui viennent d’exhiber leur cynisme, nous travaillerons à amplifier encore ce mouvement qui, dans la continuité du rassemblement déjà construit, nous permettra enfin d’élire non pas un président de l’extérieur mais un président véritablement légitime, porté par une majorité des personnels et des étudiants.
Les élus des listes P.A.R.
le 10 avril 2008