M. Jean-Yves Coqueln prend la parole au nom de la liste PAR pour donner lecture du texte suivant, rédigé collectivement :

Je voudrais m’adresser à tous les membres de ce conseil pour vous exposer la position des élus PAR, au nom desquels je m’exprime ici, concernant l’approbation de la proposition présidentielle qui nous est faite en vue de pourvoir le siège de personnalité extérieure au titre de l’intuitu personae.

Mais auparavant, je tiens à évoquer le contexte dans lequel nous nous trouvons depuis quelques mois. Le vote de la loi LRU le 10 août 2007 par l’assemblée nationale n’a pas seulement modifié les responsabilités des universités et renforcé la présidentialisation de la gouvernance, il a aussi entraîné l’interruption des mandats des précédents élus aux trois conseils de notre université. Personne ne le souligne, mais il faut ici rappeler que la loi s’est permis de priver tous les élus - qu’il convient de saluer et de remercier à cette occasion - d’exercer leur responsabilité jusqu’au terme de leur mandat qui devait s’achever en 2009. Tous les élus sauf un… le président, qui a pu bénéficier d’une délibération du conseil d’administration le 7 avril dernier lui permettant d’effectuer intégralement son mandat de 5 ans jusqu’au 31 mars 2009, en amputant ainsi au passage le mandat de son successeur qui ne sera lui que de trois années.

Nous savons dans quelles conditions s’est déroulé ce maintien. Malgré l’avis d’une majorité de 14 membres élus du CA sur les 22 qu’il comprend expliquant clairement qu’ils voteraient contre le maintien afin d’installer un nouvel exécutif pour les quatre prochaines années, le président de cette université à été maintenu de justesse lundi 7 avril grâce aux suffrages des personnalités extérieures (qu’il a lui-même proposées) et de sa voix prépondérante, et nanti du seul soutien de 8 représentants au plus des personnels et des étudiants. Les élus de la liste PAR avaient accepté d’approuver la liste des personnalités extérieures présentée par le Président pour ne pas bloquer le processus démocratique. Ils espéraient que ces personnalités considéreraient que la délibération importante à laquelle elles étaient exceptionnellement conviées était d’une nature telle qu’elles s’abstiendraient de voter considérant qu’il s’agissait là d’un choix interne à l’université. Malgré cela, au moins cinq d’entre elles se sont exprimées en faveur du maintien. Cet épisode qui, sous couvert de légalité, bafoue l’expression démocratique des personnels et des étudiants de cette université, nous invite aujourd’hui à plus de circonspection quant à l’approbation des personnalités extérieures dont le poids, on le voit, n’a fait que se renforcer sous l’impulsion de la LRU.

Or, pour l’élection aujourd’hui de l’intuitu personae du CEVU, nous faisons deux constats.

Le premier, c’est que nous n’avons aucunement été informés du choix présidentiel qui nous est présenté aujourd’hui. Nous le regrettons tant cette décision ne peut être prise à la légère et sur la seule foi des informations qui nous sont à présent livrées. Nous avons fait une grande partie de notre campagne sur l’amélioration des voies d’information de l’ensemble des personnels, des étudiants et de leurs élus. Nous considérons que l’une des plaies de la gouvernance, telle qu’elle a été pratiquée ces dernières années, c’est de n’avoir jamais suffisamment privilégié la concertation, la discussion au point de mettre les élus des conseils en position de devoir trop souvent accepter sans sourciller des décisions prises en amont de peur de bloquer le fonctionnement de notre établissement. Nous demandons à l’avenir que les conseils, et ici le CEVU, puissent exercer pleinement leur fonction délibérative. Cela passe par une information préalable et, je le souligne au passage, par l’élaboration d’un calendrier prévisionnel des réunions qui permette à chaque élu de se rendre disponible et par l’envoi d’une convocation qui respecte les délais usuels, à savoir au moins huit jours avant la date de la réunion et de préférence quinze jours tant que les statuts – rendus en grande partie caduques par la loi LRU – n’auront pas été utilement modifiés et précisés. Nous nous engageons à veiller scrupuleusement à ce que l’information des élus soit satisfaisante et que les délais de convocation soient respectés.

Le second constat, qui n’est que la conséquence du premier, c’est que cette proposition n’a fait l’objet d’aucune consultation préalable des listes majoritaires des collèges enseignant, des organisations étudiantes et des syndicats ou liste d’élus BIATOS. Faute d’avoir pu obtenir cette concertation qui nous semblait pourtant une évidence et qui aurait pu apparaître comme une marque de considération, nous ne pouvons que refuser la candidature avancée et ce indépendamment de la qualité de la personne qui nous est proposée aujourd’hui.

Nous préférons présenter au Conseil une autre candidature, celle de Monsieur Joël Brouch, directeur de l’Office Artistique de la Région Aquitaine. L’entrée dans ce conseil d’une telle personnalité présenterait plusieurs intérêts que je voudrais à présent exposer.

Le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire est certes consulté sur les orientations des enseignements de formation initiale et continue, sur les demandes d'habilitation et les projets de nouvelles filières et sur l'évaluation des enseignements, l'orientation des étudiants et leur insertion professionnelle mais il a aussi pour fonction de favoriser les activités culturelles, sportives, sociales ou associatives. Cette dernière dimension de nos travaux doit, nous le croyons, être davantage valorisée, tant l’avenir de notre établissement dépend de sa capacité à mobiliser ses ressources internes mais aussi externes pour développer sa présence dans le champ culturel et associatif. Or, l’un de nos premiers partenaires pour réussir dans cette voie, c’est le Conseil Régional d’Aquitaine. L’entrée du directeur de l’OARA, l’une des agences culturelles du Conseil Régional, serait de nature à sensibiliser la région aux initiatives étudiantes comme aux projets pédagogiques qui s’appuient sur l’ouverture de l’université à l’espace public, toutes disciplines confondues.

Depuis longtemps déjà, l’OARA est un partenaire régulier du service culturel de l’université et a prouvé son attachement à soutenir nos projets. Cet organisme impliqué dans le champ du spectacle vivant mais aussi dans celui de la transmission des savoirs dans le domaine culturel, par la voix de son directeur, pourrait apporter son expertise sur les dossiers que nous serons amenés à soutenir. Y compris dans le cadre du plan Campus.

L’accord que Joël Brouch a bien voulu nous donner de participer assidûment à nos travaux s’il était élu, est une occasion de tisser des liens plus étroits entre l’université et une personnalité influente de la sphère culturelle et du monde associatif. Sa volonté, qu’il a manifestée à de nombreuses reprises, de favoriser l’inscription de l’université dans le territoire aquitain par le biais de manifestations culturelles ou de rencontres professionnelles est un gage de son intention de porter avec nous un regard bienveillant sur toutes les mesures que nous serons amenés à préconiser pour valoriser, à l’échelle de la région, l’image de notre université et de ses acteurs.

Je sais, en outre, pour en avoir longuement discuté avec lui, que c’est un homme qui défend l’idée d’un service public d’éducation ouvert à tous, capable de répondre aux demandes nouvelles de formation – en particulier professionnelle et continue. Il est comme beaucoup d’entre nous ici, extrêmement sensible au fait que se développe ces dernières années un marché privé de la formation – dont la qualité n’est pas toujours indiscutable – que l’université n’est pas encore à même de concurrencer efficacement. Il travaillera à nos côtés pour que nous sachions élaborer une offre de formation susceptible de mieux prendre en compte les besoins recensés du marché de l’emploi tout en garantissant un haut niveau de connaissances et d’exigence critique qui reste notre atout majeur.

Ancien étudiant de cette université avant d’être directeur du théâtre de Villeneuve–sur-Lot, directeur de l’action culturelle et du développement territorial à l’Opéra de Bordeaux puis jeune directeur de l’OARA (vous trouverez toutes les précisions dans le document qui vous est distribué maintenant), il aura à cœur, s’il entre dans notre conseil, de prendre en compte les spécificités de notre établissement qu’il connaît bien, pour nourrir notre projet mutuel de le voir rayonner davantage tant par le dynamisme de ses formations que par sa présence dans la vie culturelle régionale.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons sa candidature et appelons les membres de ce conseil à l’élire au titre de l’intuitu personae.

Jean-Yves Coquelin pour les 8 élus de la liste PAR

 

 

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