nos interventions lors du débat public

Nos interventions lors du débat

13 février 2008


Introduction  par Patrice Brun
 
 


Si je suis aujourd’hui à cette place, c’est peut-être parce que j’exerce sur le plan local un certain nombre de responsabilités, en tant que membre du Conseil Scientifique ou directeur de la plus ancienne des revues de l’Université de Bordeaux. Mais cela n’aurait certes pas suffi. C’est sans doute pour d’autres raisons que je suis ici ce matin. J’ai en effet exercé dans plusieurs Universités (et la mobilité vantée par la Ministre de l’Enseignement Supérieur, je sais ce que c’est). Mais j’ai été également membre du Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (le CNESER), du Conseil Technique Paritaire Universitaire (CTPU), deux instances où j’ai acquis le sens de la négociation, la connaissance des dossiers et des interlocuteurs. J’ajoute, ce n’est pas mauvais de le rappeler en raison des nouvelles compétences accordées aux Universités, que j’ai été expert à la commission des Primes d’Encadrement Doctoral (PEDR). C’est en raison de ces expériences que mes colistiers m’ont demandé de prendre la tête des listes PAR et c’est parce que j’avais exercé ces mandats que j’ai accepté de les conduire.

 
 


Mais je voudrais rappeler en premier lieu les raisons pour lesquelles nous présentons une liste.

 

 

 

1. Bilan critique

 

La première de ces raisons est que nous faisons un bilan critique de l’action de l’équipe sortante.

 

Je renverrai pour une analyse exhaustive de notre critique au blog que nous avons mis en place. Je ne prendrai qu’un seul exemple : la culture d’établissement est devenue une culture du secret. Exemple : les commissions ad hoc formées par l’équipe présidentielle sortante pour les promotions des collègues parviennent tout emballées au CS sur la base de critères inconnus qu’il n’y a plus à discuter. Il reste au conseil à entériner des décisions prises en amont. Autre exemple : au CA, les documents sont parfois remis en séance aux membres qui ne peuvent donc pas les analyser (comme l’a montré le dernier vote du budget). Tout est décidé à l’avance par une petite équipe et n’est pas même porté à la connaissance des instances régulières.

 

Serait-ce alors la politique du président seul ? Je ne crois pas avoir entendu de l’équipe présidentielle dans sa globalité la moindre critique – ce qui signifie qu’elle est entièrement solidaire de l’action et du mode de gouvernance du Président dont elle est l’héritière.

 

 

 

2. La loi LRU

 

Mais ces critiques internes n’auraient sans doute pas suffi à nous décider. La mise en place de la loi LRU a eu une part décisive dans notre choix.

 

Selon nous en effet, le risque du maintien de ces pratiques est accru par la nouvelle loi. Les membres des trois Conseils avaient tous (sauf deux) manifesté une défiance vis-à-vis du projet de loi (motion de juillet 2007) et des réticences plus ou moins fortes selon les collègues sur la manière dont elle a été votée et sur son application (comme on l’a vu lors du référendum du 30 novembre). Soyons clairs : nous sommes tous de bons républicains et nous appliquerons la loi avec les atouts et les armes qui sont les nôtres (autonomie de 1984 et 2007).

 

Mais cette loi marque un tournant considérable dans l’histoire de l’Université. Elle augmente considérablement les pouvoirs du Président : comment imaginer alors la pratique du nouveau pouvoir présidentiel sans la mettre en relation avec la manière dont a été gérée l’Université ces dernières années ? D’où ces engagements forts sur les comités de sélection, le droit de veto sur les recrutements qui sont faits non pas pour brider sa personne, mais pour encadrer son pouvoir.

 

 

 

3. Travail en équipe

 

Pour contrer ce pouvoir ultra-concentré, nous avons conçu des listes très ouvertes. Notre équipe n’est pas le fruit d’un rassemblement de circonstance d’une cinquantaine de collègues autour d’un cercle limité qui a élaboré un programme. Tout au contraire a été notre façon de travailler : chaque texte a été discuté patiemment à vingt, trente, quarante, dans la diversité de nos parcours et de nos opinions, discuté lors de nos six réunions publiques thématiques, de nos rencontres dans les UFR, avec les personnels IATOS, puis mis en ligne au fur et à mesure de l’avancée de nos réflexions. Notre façon collégiale d’élaborer le programme de notre politique universitaire est en soi le gage de notre collégialité future et le plus beau bouclier contre la présidentialisation.

 
 

 

 

Réponse aux propos de Philippe Baudorre

 

Philippe, tu n’as pas le monopole de la compétence. Nous ne sommes pas plus incompétents que tu ne l’étais il y a trois ans. Tu as reçu une formation comme nous la recevrons si nous sommes aux affaires, à cette différence près que nous ferons en sorte que ce soit l’ensemble du Conseil d’Administration qui reçoive cette formation. Et si la compétence se limite à la gestion sans vision d’ensemble et sans partage, nous ne sommes pas fâchés de ne pas avoir CETTE compétence. Mais je vais prendre un autre exemple de la culture du secret que nous dénonçons : la décision d’anticiper l’autonomie de gestion financière et salariale qui prouve au passage une acceptation totale de l’esprit de la loi LRU. Pourquoi pas en effet ? Mais il faut le dire – et l’assumer. Or, comment l’a-t-on appris ? Par une discussion au CA ? Par un vote officiel du CA ? Non, il faut aller au ministère, au bureau de la prospective, pour savoir qu’un audit allait être diligenté pour cela au printemps. Bel exemple d’opacité pour une décision d’une telle importance. Ce que votre programme annonce comme un projet (p. 18) est en réalité une décision déjà prise.

 

Or, l’exemple d’audits déjà réalisés dans d’autres universités (Paris 4) montre que l’autonomie salariale et financière oblige à renforcer très fortement la cellule financière – et cela, bien entendu à DGF constante. Et un tel redéploiement risque de fusiller en plein vol le redéploiement nécessaire pour la réforme interne de nos UFR.

 

La compétence, c’est d’abord de la cohérence.

 
 

 

 

Gouvernance  par Jean-Paul Jourdan

 
 

Au chapitre de la gouvernance, notre projet tient en peu de phrases, si on le résume, bien sûr. Il s’agit de rénover la vie démocratique institutionnelle en faisant toute sa place à la décision  collégiale ; il s’agit de mobiliser la communauté universitaire - j’insiste sur cette notion- autour de projets concertés, c’est-à-dire véritablement discutés. En somme, nous voulons recréer de la collégialité : à dessein, nous nous situons en contrepoint de l’esprit de la loi LRU.

 

Plus particulièrement, nous entendons redonner toute leur place aux différents conseils qui, par certains côtés, ont pu apparaître dans la période qui s’achève comme des chambres d’enregistrement entérinant des décisions prises ailleurs. Il faut faire des conseils de véritables instruments d’impulsion de la politique de notre université, et, d’une certaine façon, des instruments de contrôle, et donc leur donner les moyens d’accomplir leurs missions.

 

A cet égard, nous envisageons, par exemple, de réunir annuellement les trois conseils autour d’une discussion rétrospective et prospective de la politique générale de l’établissement en matière d’administration, de formation et de recherche.

 

Les conseils sont des instances légitimes mais il nous semble qu’à côté d’eux, il y a place pour d’autres institutions ou procédures en matière de gouvernement de l’Université. Par exemple, il faudra créer une cellule de veille et de médiation faisant un lien constant entre les étudiants, les enseignants, les personnels administratifs, l’équipe présidentielle et les conseils pour recueillir doléances et propositions, les synthétiser, les transmettre pour examen à l’équipe de direction et aux conseils, pour alerter très en amont sur les dysfonctionnements observés ou possibles. Il s’agit d’écouter.

 

Sur la question de la réforme interne, nous parlons de moratoire, mais d’un moratoire « actif ». L’échéance de la rentrée de 2008 pour la mise en application de cette réforme ne pourra pas être tenue, c’est une évidence. La liste « Montaigne 2012 » semble partager avec nous ce constat sans le dire clairement. Les différents groupes de réflexion qui envisagent la mise en œuvre de la réforme ont beaucoup travaillé. Ils ont rendu un rapport d’étape il y a quelques jours seulement. Les groupes UFR commencent tout juste à se réunir. Nous ne serons donc pas prêts à l’automne. L’échéance de la rentrée 2009 est plus raisonnable avec cependant la difficulté que le début de l’année universitaire ne correspondrait pas avec celui de l’année budgétaire. Il faut mettre à profit la vingtaine de mois qui nous séparent de septembre 2009 pour reprendre le chantier. Il n’y a pas de point tabou. Nos visites aux UFR actuelles montrent que la question du périmètre des futures UFR est très loin de faire l’unanimité. Celle de la définition des départements et de leur existence comme structure administrative doit être clarifiée. Il faut aussi préciser la structuration des services, en y associant fortement les personnels BIATOS.

 

 

 

Recherche  par Patrick Baudry

 
 

Il ne sera pas difficile de mettre en œuvre une politique de recherche dans cette université parce que, si les collègues s’investissent dans la recherche, il n’y a pas de politique de recherche. Chacun a pu faire ce constat : il n’y a pas de pilotage, de concertation, de projet concernant la recherche.

 

La liste PAR vous propose un objectif fort : la création d’une Maison de la Recherche.

 

Evidemment, cette Maison ne sera pas construite demain. Mais il faut être exigeant. Il faut montrer que nous voulons véritablement donner à la Recherche une place centrale dans l’Université, et faire de ce qui caractérise nos métiers – nous sommes des enseignants-chercheurs, des ingénieurs de recherche – ce qui porte l’identité et la visibilité de notre institution.

 

La loi LRU constitue un tournant dans l’histoire de l’Université. Elle nous oblige à relever des défis. On ne peut se contenter de reconduire l’existant : il faut inventer.

 

L’objectif de cette Maison de la Recherche a déjà cette utilité : nous obliger à travailler autrement, nous déterminer à être imaginatifs.

 

La Recherche ne concerne pas seulement les enseignants-chercheurs, bien sûr. Elle implique à l’évidence les étudiants et elle ne peut se faire sans l’appui et le savoir-faire des personnels administratifs. Penser à la reconstruction des modalités de la Recherche, c’est donc dans le même temps avoir souci des relations qui se nouent entre différents partenaires, c’est vouloir prendre soin d’un climat, c’est se mettre à travailler dans un esprit de reconnaissance réciproque des uns envers les autres.

 

Le service Revaled qui sera renforcé sera dirigé par un enseignant-chercheur. Ce service permettra d’aider les enseignants-chercheurs dans le montage des dossiers. Il fournira une veille en direction des enseignants et des étudiants et assurera une circulation des informations relatives aux colloques et aux appels d’offre. C’est bien avant que les informations sur les appels d’offre seront communiquées de manière officielle que nous nous y préparerons. Il faut rompre avec ce temps de l’urgence qui use et qui dissuade.

 

Bien sûr les centres existants seront soutenus par le BQR. Des critères clairs et affichés (cela comme pour les primes) permettront de hiérarchiser cette aide : notamment concernant l’implication réelle des doctorants dans les programmes de recherche et le soutien tant matériel que financier qui leur est accordé. C’est là, du reste, une des exigences fortes des partenaires qui sont les nôtres.

 

Le BQR permettra aussi de soutenir des projets émergents. C’est parfois l’idée qu’on tient pour étrangère qui porte la possibilité de recherches bientôt reconnues et devenues collectives.

 

Ce qui nous tient à cœur c’est surtout de produire de nouveaux partenariats. Si la disciplinarité doit être maintenue, il faut aussi que des chercheurs aux formations différentes puissent collaborer.

 

Le travail d’imagination que la liste PAR vous propose se situe notamment là. Un comité de pilotage fera remonter des idées, et provoquera la rencontre de compétences.

 

Grâce à ce pilotage, notre université ne sera pas seulement en position de répondre à des appels d’offre : elle pourra se constituer comme force de proposition et acquérir ainsi une vraie visibilité auprès de nos partenaires, aux plans régional, national, européen et international.

 

La liste PAR défend aussi l’idée que la Recherche s’enseignera dès la Licence. Pourquoi ?

 

Parce que les étudiants eux-mêmes réclament davantage d’encadrement et de soutien de la part des enseignants. Et parce que l’enseignement de la recherche ne signifie pas seulement qu’on présente des résultats, mais qu’on décrive des méthodes. Il est fondamental de montrer comment des connaissances se sont constituées, comment on peut les discuter, comment elles se transforment.

 

 

 

Il fallait en peu de temps venir parler de beaucoup de choses. Je conclurai par ce dernier mot. L’imagination scientifique suppose une politique universitaire solide qui permette de se positionner au sein du PRES. Ce sont des partenariats que nous renforcerons avec les mondes culturels et professionnels. Pour cela il faut des voix, un poids, une collégialité, une connaissance des réseaux, et une capacité à défendre nos intérêts devant nos interlocuteurs.

 

Gérer la recherche est important bien sûr. Mais en amont il faut en provoquer l’envie et le désir.

 

 

 

Réponse aux propos de Valérie Fromentin

 
 

En matière de recherche, il existe un outil que je n’ai pas encore évoqué : la MSHA (qui accueille des programmes) dont le statut est en débat et dont nous soutenons la constitution en Groupement d’Intérêt Public.

 

Je ne doute pas des compétences de la Liste Montaigne à poursuivre dans la voie où l’équipe présidentielle s’est engagée et de la sincérité de mes collègues qui veulent s’impliquer dans la modernisation de notre université. Je doute par contre de leur capacité à mettre en œuvre les moyens d’une innovation non pas « ambitieuse » mais tout simplement nécessaire. Ce ne sont pas des colloques coûteux (la recherche ce n’est pas que des colloques) devant une assistance maigre qui peuvent faire notre publicité.

 

Soyons sérieux : ce ne sont pas des fondations ou des mécènes qui vont nous aider financièrement. C’est vers nos partenaires (notre environnement immédiat, les collectivités territoriales) qu’il faut nous tourner. Et c’est donc une politique de la recherche qu’il faut élaborer pour être crédible et efficace.

 
 

 

 

Formations et vie à l’université  par Jean-Yves Coquelin

 
 

Je partirai d’un constat, un constat très largement partagé : celui de la détérioration des conditions d'enseignement et de la détérioration des conditions de vie des personnels comme des étudiants.

 

Pourquoi cette dégradation ? D’abord, certes, parce que nous n’avons pas su ou pas pu endiguer les effets de la massification et les effets d'une pénurie budgétaire chronique. Mais dégradation aussi parce que tout s'est passé depuis quinze ans comme si les nécessités pédagogiques, les conditions de travail et la cohésion de la communauté était passées au second plan. Comme si l'essentiel avait été oublié voire parfois méprisé. C’est ça, pour nous, l’erreur de gouvernement fondamentale : d’avoir mésestimer l’essentiel au profit d’une logique dite gestionnaire ou d’un pragmatisme beaucoup plus aveugle qu’on ne croit.

 

Et ce que nous voulons, c'est inverser cette tendance inacceptable et particulièrement périlleuse à un moment crucial pour l'université. Car, nous le savons tous, l’université est placée devant des choix politiques difficiles qui engagent des visions à long terme. Je n’en citerai que deux : la place de la professionnalisation dans nos cursus et la conception du lien entre recherche et enseignement. Nous, nous revendiquons un modèle universitaire fondé sur l’intégration du plus grand nombre et sur l’alliance entre recherche et enseignement. Mais pour revendiquer un tel modèle, il nous faut prouver qu’il est encore possible en étant beaucoup plus ambitieux et imaginatifs de manière à inverser sa dégradation continue.

 

Inverser la tendance donc, c'est d’abord lutter contre ce que j’appellerais le réflexe gestionnaire qui nous assure la survie, certes, mais nous éloigne de l'essentiel de ce que nous défendons. L’essentiel pour nous, on peut le résumer en trois points. 1/ faire valoir nos nécessités pédagogiques, 2/ renforcer le sentiment d'appartenance à notre université, 3/ redonner vie à notre site universitaire. Voilà les trois piliers sur lesquels construire l'université que nous voulons au lieu de subir et de nous adapter docilement à la misère ou à la pression sociale.

 

D’abord, remettre au centre les nécessités pédagogiques.

 

remettre au centre les nécessités pédagogiques, ça signifie par exemple

 

- accroître le volume horaire par étudiant pour compenser les pertes subies depuis quinze ans en particulier en licence et dont on peut penser qu’elles sont une cause majeure de l’échec dès la première année tant l’encadrement pédagogique s’est désormais affaibli,

- affirmer le lien entre recherche et enseignement dès la licence,

- accompagner les formations professionnelles que l'on a laissé s'ouvrir sans soutien suffisant,

- élargir l’offre de formation en particulier la formation continue et la formation à distance

 

Ensuite, deuxième pilier : renforcer le sentiment d'appartenance.

 

renforcer le sentiment d'appartenance, c'est d'abord aménager les espaces de vie et d'échange qui nous manquent cruellement pour que chacun ait tout simplement davantage plaisir à être ici. Et, évidemment, concevoir ces aménagements en concertation pour éviter, par exemple, ce que l’on constate malheureusement à la Maison des Etudiants, excentrée et exiguë, qui n'a rien à voir avec le projet d'origine et qui ne répond pas suffisamment aux besoins.

 

Enfin, troisième pilier : redonner vie à notre site universitaire.

 

redonner vie à notre site universitaire, c'est bien sûr développer l'activité culturelle, artistique, associative, sportive pour que notre université apparaisse sous un jour à la hauteur des ressources dont elle dispose, pour que nous donnions à voir une université qui crée, qui invente, qui avance et ainsi trouver une manière de valoriser les Lettres et Sciences humaines.

 

Car nous savons à quel point, dans la perspective du PRES, il est aujourd’hui capital pour nous de mieux valoriser les Lettres et Sciences Humaines, de montrer leur intérêt, de mettre en avant les dynamiques qu'elles sont susceptibles de produire à l’intérieur d’une structure universitaire élargie.

 

 

 

Réponse aux propos d’Olivier Laügt

 

Je reviens sur le terme de survie qui a fait réagir. Je crois en effet que beaucoup de nos collègues ici ont le sentiment que le système dans lequel nous vivons est arrivé au bout tant il devient difficile de défendre des formations qui ne disposent pas de moyens d’encadrement suffisants.

 

Que ce soit du côté des formations comme du côté de la vie à l'université, il nous faut donc redevenir plus ambitieux pour inverser cette spirale dépréciative.

 

Bien sûr, pour cela, il nous faut des moyens et gérer avec rigueur les moyens dont nous disposons. Cela nous savons faire, ce n’est pas difficile. Ce n’est pas si difficile. Ce que nous savons moins bien faire, c’est, avec volontarisme, défendre et promouvoir une autre idée et une autre image de notre université. Car c’est comme cela que nous trouverons de nouveaux moyens. Nous ne manquons pas de réflexe gestionnaire : ne manquons pas de réflexe imaginatif ! C’est d’imagination et de cohésion dont nous devrons faire preuve pour redonner consistance à nos formations et vie à notre université.

 
 

 

 

Relations Internationales et PRES  par Patrice Brun

 
 

Les Relations Internationales sont un élément fort de l’identité de notre Université. Mais selon nous, si elles sont l’un des éléments, certes le plus visible, qui nous obligent à sortir de nos murs, elles n’en sont qu’un élément. Dans cette présentation trop rapide, je ne pourrai tout développer, mais selon nous, les relations avec la région Aquitaine (qui consacre une part importante de son budget à la recherche), le PRES, les entreprises, l’Agence Nationale de la Recherche, l’État doivent être des partenaires (et ils le sont déjà) permettant de donner le plus de visibilité possible à notre institution : les relations internationales viennent, vous le voyez, comme un élargissement d’une politique d’offre de formation et de recherche qui dépasse le strict cadre de Bordeaux 3. Tout cela, nous pourrons peut-être l’aborder dans le débat.

 
 

Le PRES, nous le prenons comme une chance. Non pas dans l’espoir d’une stupide et mécanique remontée dans le classement de Shangaï, mais par l’intervention de services mutualisés, d’une nouvelle offre portant sur des services qui soit n’existent pas encore, soit sont insuffisamment développés et du poids que représentera la commission des Relations Internationales au sein du PRES.

 
 

Une politique des Relations Internationales à Bordeaux 3 doit s’inscrire dans des priorités thématiques et géographiques arrêtées par une commission des relations internationales. Ce serait, je crois, une quasi-nouveauté dans notre université. Il existe des axes « historiques » à Bordeaux 3 que sont l’Afrique et le monde hispano-américain qu’il convient de ne pas abandonner, même si de nouvelles directions (extrême orient, Brésil) doivent être intégrées à notre réflexion. Mais on ne peut laisser faire n’importe quoi.

 

En ce qui concerne les conventions inter-universitaires, qui se sont multipliées de façon étonnante ces dernières années et qui, il faut bien le dire, en ont laissé dubitatif plus d’un, il convient de s’accorder sur un certain nombre de points. Elles sont bien évidemment essentielles et indispensables à toute politique internationale de l’Université. Mais l’ébauche d’un partenariat avec une université étrangère doit prendre place dans un travail d’équipe (UFR, EA, UMR) et autour d’un véritable projet pluriannuel d’enseignement et/ou de recherche. C’est-à-dire qu’elle doit partir d’une volonté issue de la base (d’un enseignant, d’un chercheur) et non d’un voyage fait par un membre ou un autre de l’équipe présidentielle qui aurait été bien reçu par une Université étrangère. Dans ce cadre, tous les moyens disponibles seront sollicités pour donner du poids au projet : les mobilités étudiantes y seront intégrées, de même que les mobilités enseignantes par le canal des professeurs invités et des professeurs bordelais en mission, dont le cahier des charges sera lié aux axes programmatiques du projet. Dans la mesure du possible, celui-ci sera interdisciplinaire, voire inter-universitaire (PRES). Un soin particulier sera apporté à la définition des indicateurs qui faciliteront, en fin d’exercice, l’évaluation. Une convention pourra alors bénéficier d’un accompagnement particulier de la part des RI, qui contribueront – dans la mesure des moyens qui leur seront alloués – à la recherche des financements requis auprès des bailleurs de fonds habituels (Tempus, Erasmus Mundus, Ecos, MAE, AUF, Région Aquitaine, Conseil général, CUB, etc.).

 
 

Il semble légitime que les mobilités enseignantes doivent s’inscrire dans des projets d’enseignement et/ou de recherche ainsi que les mobilités étudiantes dans des programmes (Erasmus, Crepuq). Actuellement elles plafonnent à 300-350 entrants et 200-250 sortants par an. Il n’est pas possible d’en gérer davantage à Bordeaux 3, faute de moyens en personnels. Mais on s’efforcera d’intégrer davantage les étudiants impliqués dans le processus de Bologne, c’est-à-dire de faire en sorte qu’ils suivent des cursus précis, contractualisés au départ, et passent les mêmes examens. A terme, on le sait, la mobilité pourra devenir obligatoire dans les parcours.

 
 

Mais un développement des RI ne peut se concevoir seul : nous savons qu’il nous faut rechercher des partenaires, des fonds pour obtenir les moyens d’une politique ambitieuse : c’est pour cela que nos interlocuteurs au Conseil Régional, dans les entreprises sont fondamentaux dans notre esprit. Et les programmes ANR auront d’autant plus de chances d’être acceptés que la dimension internationale aura été prise en compte. C’est par l’international que notre Université entrera avec fierté dans le PRES.

 
 

 

 

Conclusion  par Patrice Brun

 
 

Au vu des différences qui sont apparues à tous dans le débat, au vu du bilan de ces trois dernières années et de l’importance des enjeux découlant de l’application de la loi LRU, chacun doit faire son choix en toute connaissance de cause le 19 février.

 
 

Nous ne sommes pas manichéens : nous ne croyons pas que le Bien est de notre côté ni le Mal de l’autre. Nous ne mettons pas en doute la sincérité des positions des listes concurrentes et, le moment venu, nous travaillerons dans l’esprit de rassemblement et de concertation qui a toujours été le nôtre.

 
 

Notre démarche (et vous l’avez vu, je pense, au cours de ce débat) n’a pas été dictée par des ressentiments personnels mais par le souci permanent de construire une Université dont nous pourrons être fiers et où chacun trouvera la place qui lui convient.

 
 

Je ne suis personnellement mu par aucune ambitions personnelle, puisque j’ai affirmé à plusieurs reprises que je ne solliciterai pas le renouvellement de mon mandat si nous devions l’emporter.

 
 

Simplement, nous sommes ici des enseignants, des chercheurs, des personnels administratifs dans une institution avec une mission de service public dont la fin ultime réside dans la recherche du bien commun. La gestion doit être au service des objectifs naturels de l’Université, la formation et la recherche et non l’inverse : on ne peut engager de réforme exclusivement dans un but de commodité administrative.

 
 

Dans cet esprit, l’engagement le plus fort que nous pouvons prendre avec toute la solennité que cet amphithéâtre nous oblige à adopter, est que la maison Bordeaux 3 que nous vous proposons de bâtir avec nous aura des murs transparents.

 
 
C’est sans doute ce qui nous distingue le plus de la politique menée ces dernières années par l’équipe sortante et c’est autour de cet objectif que nous vous proposons de nous rejoindre le 19 février et surtout, durant les quatre prochaines années.

 




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